PayPal dans le viseur de Stripe : une OPA à 200 milliards ?

Stripe envisage sérieusement le rachat de PayPal : un deal qui pourrait redessiner le paysage des paiements en ligne

Depuis plusieurs années, Stripe affiche une trajectoire impressionnante, devenant l’un des acteurs les plus dynamiques de la fintech mondiale. La société irlando-américaine a notamment accéléré ses initiatives dans la blockchain et les stablecoins (via l’acquisition récente de Bridge, dont le volume a quadruplé en 2025), tout en intégrant massivement l’IA dans ses produits de facturation, de paiement et d’automatisation.De son côté, PayPal, pionnier historique des paiements en ligne, a été l’un des premiers à intégrer les cryptomonnaies (achat/vente de Bitcoin dès 2020, wallet crypto, stablecoin PYUSD lancé en 2023). Cependant, son positionnement reste jugé trop prudent et fragmenté face à la concurrence des Big Tech (Apple Pay, Google Pay, Cash App) et des pure players comme Stripe. Résultat : une perte progressive de parts de marché et une sous-performance boursière marquée.

Historique et difficultés actuelles de PayPal

PayPal est né en 2000 de la fusion entre X.com (fondée par Elon Musk) et Confinity (fondée par Peter Thiel, Max Levchin et Luke Nosek). Introduite en bourse en 2002, rachetée par eBay la même année, puis scindée en 2015, l’entreprise a longtemps dominé les paiements numériques. Mais l’émergence d’Apple Pay (2014), Google Pay, et plus récemment des solutions comme Venmo (propriété de PayPal mais en perte de vitesse relative) a accéléré son déclin relatif.

En février 2026, l’action PYPL s’échange autour de 47 dollars (clôture récente ~47,02 $ le 24 février), un niveau proche de celui de 2017 et en baisse d’environ 85 % par rapport à son plus haut historique de 307,82 $ atteint en juillet 2021. La capitalisation boursière de PayPal oscille désormais autour de 43-50 milliards de dollars, soit moins du tiers de celle de Stripe.

La rumeur qui secoue le marché : Stripe à l’assaut ?

Selon un rapport exclusif de Bloomberg publié le 24 février 2026, Stripe étudierait très sérieusement l’acquisition de PayPal – en totalité ou par morceaux (potentiellement Braintree pour les marchands, Venmo pour les consommateurs, ou d’autres unités). Des sources proches du dossier indiquent que les discussions sont encore préliminaires et privées, sans garantie d’aboutir. Ni Stripe ni PayPal n’ont officiellement commenté la rumeur.

Cette révélation intervient quelques heures seulement après que Stripe a annoncé un tender offer (offre de rachat d’actions pour employés et actionnaires existants) valorisant l’entreprise à 159 milliards de dollars – une hausse de plus de 70 % par rapport à l’évaluation de 91,5 milliards en février 2025, et même au-dessus des 106,7 milliards atteints en septembre 2025. Des investisseurs comme Thrive Capital, Coatue et a16z ont participé à l’opération, injectant des liquidités importantes.

Dans une interview accordée cette semaine (notamment à CNBC et dans le cadre de la lettre annuelle des fondateurs Patrick et John Collison), John Collison, président et co-fondateur de Stripe, a évoqué la situation de PayPal sans confirmer ni infirmer quoi que ce soit :

« PayPal a traversé des moments difficiles ces dernières années, et le paysage a considérablement évolué avec l’arrivée d’Apple Pay, de Google Pay et d’autres services similaires. Je ne peux pas aborder d’éventuelles fusions-acquisitions, mais il est clair qu’ils ont connu des difficultés. »

Réaction immédiate en bourse

La rumeur a propulsé l’action PayPal :

  • +6,74 % le jour de la publication Bloomberg (24 février),
  • suivis d’une poursuite haussière le lendemain (jusqu’à +7 % en séance intraday selon plusieurs médias).

Malgré ce rebond, le titre reste loin de combler le gap baissier important observé début février 2026 (autour de -18 % par rapport à l’ouverture du 3 février). Le marché semble voir dans cette possible opération une opportunité de revitalisation pour PayPal, mais aussi un risque de dilution ou d’intégration complexe.

Pourquoi ce deal ferait sens (et pourquoi il est loin d’être acquis) ?

  • Complémentarité : Stripe excelle dans les paiements pour développeurs et e-commerce moderne (volume traité : 1,9 trillion de dollars en 2025, +34 % sur un an), tandis que PayPal dispose d’une base massive d’utilisateurs consommateurs et de marchands historiques.
  • Échelle : Une fusion créerait un géant absolu des paiements numériques, rivalisant avec les infrastructures d’Apple, Google, Amazon et Adyen.
  • Crypto & futur : Stripe mise gros sur les stablecoins et l’IA agentique ; PayPal apporte PYUSD et une expérience crypto grand public.
  • Obstacles : Écart de valorisation énorme (159 Md$ vs ~45 Md$), complexité réglementaire (antitrust aux USA et en Europe), et culture d’entreprise très différente.

En résumé, cette rumeur – même si elle reste spéculative – illustre le renversement complet des forces en présence : l’ex-start-up irlandaise Stripe, valorisée trois à quatre fois plus que PayPal, pourrait aujourd’hui devenir le sauveur (ou l’acheteur opportuniste) de son ancien rival. Affaire à suivre de très près dans les prochaines semaines

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